John Owings, piano

Artiste : Robert Casadesus
Musicien : John Owings, piano

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« Tout en préservant la force de l’unité classique, une architecture solide et un caractère bien affirmé, Robert Casadesus manifeste dans l’écriture de ses œuvres un attrait constant pour la modernité, les musiques populaires et le jazz. »
Jean Roy


Quand on lui demandait quelle était sa profession, Robert Casadesus répondait : compositeur. Il tenait à être reconnu pour une activité qu’il avait poursuivie depuis 1917 avec son opus 1 (Voyage imaginaire pour piano). Le pianiste ne s’effaçait pas pour autant derrière le compositeur. Pour son instrument il a écrit des Préludes, des Etudes, des Concertos. Dans son catalogue la musique de chambre est représentée par 27 opus dont seize font appel au piano. Sept symphonies, trois suites d’orchestre, des Concertos pour flûtes, pour violon, pour violoncelle, des œuvres vocales (plus rares que les œuvres instrumentales) montrent qu’aucun domaine, excepté celui de la scène, ne lui était étranger. Tournant le dos à l’impressionnisme et au pittoresque, Robert Casadesus, sans négliger l’apport des chants et danses populaires, était attiré par la musique pure.

Dans un art d’essence classique tel que le concevait Robert Casadesus, unité et variété sont complémentaires. Les Vingt quatre Préludes op. 5 ont été composés en 1924. Ils sont dédiés à Maurice Ravel. Le dernier (doux et tranquille) est le plus développé. Les autres sont le plus souvent d’une durée très brève. Le recueil s’ouvre sur un léger et fantasque dans un souvenir des clavecinistes que Robert Casadesus admirait (il fut un des plus grands interprètes de la musique de Rameau). Le 5ième Prélude est un Hommage à Ronsard (Sur les lettres de son nom). Le 7ième (très lent) est d’une gravité qui contraste avec le caractère du 6ième (très léger et assez vif) et du 8ième (simplement). Le 22ième (dans le style ancien) et le 23ième (mouvement de bourrée) nous redisent avec finesse et verve la passion que Robert Casadesus professait pour la musique d’autrefois. Plusieurs des Préludes op. 5 sont des expressions intimes où entre la part de rêve. Si l’on ajoute à cela l’attrait des danses et des chants populaires, on ne peut qu’admirer la richesse musicale et psychologique d’un cycle qui nous offre un des portraits les plus complets de la personnalité du compositeur.

L’Impromptu op. 67 n. 4 a été écrit en 1968 et dédié à la mémoire de Dinu Lispatti. Il est en trois volets, partant d’un murmure, s’animant puis s’apaisant et concluant dans la tristesse. Les harmonies raffinées diffusent une lumière aux reflets changeants. La Toccata op. 40, composée en 1946 et dédiée à son fils Jean, est une des pages les plus célèbres de Robert Casadesus. C’est le modèle même d’une Toccata virtuose où crépitent les doubles notes dans un mouvement implacable que nourrit une extraordinaire variété d’accents. Les Six Enfantines op. 48, composées entre 1949 et 1953 et dédiées à sa fille Thérèse nous font connaître un autre Casadesus, celui des musiques intimes et souriantes, celui qui savait avec esprit écrire des pastiches de Schumann et de Prokofiev.
Jean Roy


L’esprit Robert Casadesus
En 50 ans de carrière, Robert Casadesus a constitué un héritage culturel qui le fait considérer aujourd’hui comme l’un des grands musiciens français du XXème siècle. Sa double vocation d’interprète et de compositeur lui confère le rare privilège d’être à la fois l’observateur et le prolongateur des principaux courants musicaux français du siècle dernier. Sans aucun doute, cette qualité transparaît en permanence dans son écriture musicale et lui apporte souffle et esprit. Si Ravel a pu dire, à propos d’une interprétation du Gibet : “Vous devez être vous-même compositeur pour si bien comprendre la musique des autres”, l’inverse se vérifie : Casadesus apporte dans ses œuvres tout ce qui forgea son vécu d’interprète, à savoir, l’authenticité, l’équilibre et la transparence.

“ Il est un virtuose de l’écriture comme il est un virtuose du clavier ; mais il n’est pas seulement cela, car chez lui, la solidité de la technique et la perfection du métier ne font que servir une pensée qui reste l’essentiel de son art.”
René Dumesnil, Mercure de France, 1er Novembre 1935

“ Les rythmes ont chez lui une grande importance, signe évident d’une modernité qu’il ne refusait pas davantage que la tradition classique. L’évolution lui paraissait préférable aux ruptures. Il ne cherchait pas à briser ce qui relie Rameau à Ravel, mais au contraire à montrer que par un mouvement continu la musique, comme la vie elle-même, évolue et peut conquérir de nouveaux territoires sans renier son passé.”

Jean Roy, L’intemporel Robert Casadesus

Robert Casadesus est finalement le modèle de l’harmonie, de l’accord parfait entre l’homme, son œuvre, sa vie et son art, “un style hautement original qui allie à la maîtrise du métier la fermeté et le sentiment poétique.”
Sacha Stookes, auteur de “The art of Robert Casadesus”, 1960

 

1. Léger et fantasque - 24 Préludes pour le Piano, Op. 5 (dédiés à Maurice Ravel)
2:18
2. Triste et doux – lent (dans le style d’une berceuse populaire) - 24 Préludes pour le Piano, Op. 5 (dédiés à Maurice Ravel)
2:01
3. Assez lent mais doux et allant - 24 Préludes pour le Piano, Op. 5 (dédiés à Maurice Ravel)
1:08
4. Champêtre – Alla breve – Très rythmé - 24 Préludes pour le Piano, Op. 5 (dédiés à Maurice Ravel)
1:08
5. Sur le nom de ronsrad – Lent et recueilli - 24 Préludes pour le Piano, Op. 5 (dédiés à Maurice Ravel)
1:52
6. Très léger et assez vif - 24 Préludes pour le Piano, Op. 5 (dédiés à Maurice Ravel)
0:31
7. Très lent - 24 Préludes pour le Piano, Op. 5 (dédiés à Maurice Ravel)
2:49
8. Simplement - 24 Préludes pour le Piano, Op. 5 (dédiés à Maurice Ravel)
1:11
9. Avec fougue (vite) - 24 Préludes pour le Piano, Op. 5 (dédiés à Maurice Ravel)
1:51
10. Energique et assez sauvage - 24 Préludes pour le Piano, Op. 5 (dédiés à Maurice Ravel)
1:43
11. Très lent – gravement expressif - 24 Préludes pour le Piano, Op. 5 (dédiés à Maurice Ravel)
2:04
12. Vif – doux et fluide - 24 Préludes pour le Piano, Op. 5 (dédiés à Maurice Ravel)
0:47
13. Allant et simple, doux et tendre - 24 Préludes pour le Piano, Op. 5 (dédiés à Maurice Ravel)
1:08
14. Mouvement de valse (assez animé) - 24 Préludes pour le Piano, Op. 5 (dédiés à Maurice Ravel)
0:52
15. Pas trop vite – Nerveusement rythmé (dans le goût espagnol) - 24 Préludes pour le Piano, Op. 5 (dédiés à Maurice Ravel)
2:24
16. Pas vite – Elégamment – Intime - 24 Préludes pour le Piano, Op. 5 (dédiés à Maurice Ravel)
1:34
17. Très vite et très brusque - 24 Préludes pour le Piano, Op. 5 (dédiés à Maurice Ravel)
0:54
18. Monotone et lointain - 24 Préludes pour le Piano, Op. 5 (dédiés à Maurice Ravel)
2:01
19. Allant, simplet et balancé - 24 Préludes pour le Piano, Op. 5 (dédiés à Maurice Ravel)
0:56
20. Lent et grave - 24 Préludes pour le Piano, Op. 5 (dédiés à Maurice Ravel)
4:25
21. Joyeux et avec entrain (vif) - 24 Préludes pour le Piano, Op. 5 (dédiés à Maurice Ravel)
1:10
22. Naïvement (dans le style ancien) - 24 Préludes pour le Piano, Op. 5 (dédiés à Maurice Ravel)
3:21
23. Rude et bien scandé (mouvement de bourrée) - 24 Préludes pour le Piano, Op. 5 (dédiés à Maurice Ravel)
1:36
24. Doux et tranquille - 24 Préludes pour le Piano, Op. 5 (dédiés à Maurice Ravel)
4:31
25. Impromptu, Op. 67 n°4 (à la mémoire de Dinu Lipatti)
3:06
26. Toccata, Op. 40 (à Jean Casadesus)
4:43
27. Berceuse pour Edna - Six Enfantines, Op. 47 (pour Thérèse Casadesus)
1:16
28. Idylle - Six Enfantines, Op. 47 (pour Thérèse Casadesus)
0:38
29. Barcarolle - Six Enfantines, Op. 47 (pour Thérèse Casadesus)
2:03
30. Renard d’Espagne - Six Enfantines, Op. 47 (pour Thérèse Casadesus)
0:51
31. Légende – sur le nom de Charlie Chaplin - Six Enfantines, Op. 47 (pour Thérèse Casadesus)
1:59
32. Marche " à la Schumann " - Trio " à la Prokofiev - Six Enfantines, Op. 47 (pour Thérèse Casadesus)
2:23