Les Trois Mousquetaires

Artiste : Gréco Casadesus

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Lorsque Jérôme Diamant-Berger me demanda de réfléchir à la création d’une musique originale pour le chef-d’œuvre de son grand-père (la version muette de 1921 qui fut restaurée en 2001), je fus immédiatement séduit par la proposition. Les Trois Mousquetaires ont fait partie de mes premières grandes découvertes de lecteur et j’avais déjà, bien avant cette rencontre, imaginé plusieurs thèmes illustrant les aventures de d’Artagnan et ses amis. Le roman ne m’a jamais quitté et les premières esquisses de musique me revinrent immédiatement en mémoire.
L’idée qui se dégagea très vite fut d’associer au film une conception contemporaine de la musique, qui respecterait à la fois les intentions de la mise en scène et les attentes d’un public large et diversifié.
Le principe que je proposai (et qui fut retenu d’emblée) fut celui de « l’approche subjective » par laquelle il est plus intéressant de s’attacher aux comportements psychologiques des personnages qu’à leur attitude.
En effet, hormis certaines scènes d’action et quelques situations épiques ou comiques, le jeu des acteurs laisse un mystère s’installer, une sorte de non-dit qui est fondamentalement tissé dans l’image et que la musique doit révéler comme un élixir impalpable.
J’eus alors la bonne surprise de constater que certains thèmes que j’avais ébauchés longtemps auparavant étaient en parfaite cohérence avec les exigences du film. Bien évidemment, pour satisfaire les six heures de musique qui accompagnent Les Trois Mousquetaires de Diamant-Berger, beaucoup d’autres musiques furent créées, certaines en collaboration avec le compositeur Arnaud de Buchy.
En ce qui concerne la « couleur » musicale, je fis appel à la fois aux instruments acoustiques de l’orchestre symphonique auxquels je mêlai des sonorités nouvelles issues de la lutherie électronique. Je pus ainsi disposer d’une très large palette aux colorations multiples et truculentes. Ce fut une expérience exaltante, novatrice, régénératrice et surtout totalement respectueuse des intentions des deux auteurs : Dumas et Diamant-Berger.

Cet enregistrement est une compilation des thèmes les plus significatifs du roman et du film. Il est destiné à tous ceux qui aiment Les Trois Mousquetaires. La musique, une fois le projecteur éteint ou le livre refermé, ne reste-t-elle pas le moyen le plus accessible pour renouer autant de fois que nous le souhaitons avec l’imaginaire qui nous a conquis ?


Les Trois Mousquetaires,
l’épopée d’un film historique
par Jérôme DIAMANT-BERGE

C’est au cours de l’été 1920 que mon grand père, le jeune Henri Diamant-Berger, 25 ans, décide de porter à l’écran l’œuvre d’Alexandre Dumas : « Les Trois Mousquetaires ».
C’est son livre préféré, aussi, dès l’origine du projet, il décide de rester fidèle à la richesse de l’œuvre originale. Le format le plus adapté semble être le film à épisodes, un format inhabituel à cette époque. Aussi, protégé par Charles Pathé, il défend lui-même ce projet très ambitieux auprès d’un groupe financier.
En fait, il fut si persuasif qu’il décrocha le budget faramineux de 2,5 millions de francs… pour réaliser douze épisodes d’une heure chacun, soit 12 heures de film !
Malgré l’énorme risque financier ce fut un succès mondial qui, par ailleurs, fit échec en Europe à la distribution d’un projet concurrent, produit par la grande star américaine, Douglas Fairbanks…
Le temps passa; La seconde guerre mondiale éclata, et beaucoup de films (négatifs et copies) furent détruits, à commencer par ceux réalisés et produits par des cinéastes juifs…
Les « Trois Mousquetaires » n’échappèrent pas aux ravages nazis et, des années plus tard, seuls quelques rares épisodes rescapés sur copies nitrates en mauvais état, témoignaient timidement de l’amplitude de cette œuvre que l’on croyait définitivement perdue.
En 1998, je retrouve aux « Archives du Film de Bois d’Arcy » la trace d’une version anglaise du film, découpée, non pas en douze, mais en dix-huit épisodes d’une vingtaine de minutes chacun.
Me basant alors sur le scénario original de mon grand-père (qui heureusement était resté intact), j’entreprend avec mon fils Guillaume, une longue restauration, travail gigantesque, quasi chirurgical, qui va toucher à l’image, mais aussi au son.

Restauration de l’image
En juillet 2000, après une restauration du « négatif nitrate » et une « sauvegarde » sur un « marron safety » effectuée par les Archives du Film (CNC), nous effectuons un « transfert numérique étalonné » du film.
Le film fut ensuite subtilement restructuré : remise dans l’ordre de séquences malmenées par le découpage anglais, re-découpage des scènes et des plans coupées par l’emplacement des cartons et effacement des images altérées par les collures.
Ce travail très important, agrémenté par des sous-titres et une voix off, fruit d’un véritable travail d’écriture réalisé à partir du scénario original et du roman de Dumas, a permis au film d’être fluide, compréhensible et ludique pour un public moderne.
Le résultat : quatorze épisodes de 27 minutes, soient 6 heures 30 de projection !

1. Pour l'honneur de la Reine (panaché)
6:43
2. Le grand départ
2:32
3. L'esprit de conquête
3:04
4. Conspirations
4:22
5. D'Artagnan & Planchet
3:22
6. Milady l'envoûtante
5:52
7. Les tribulations de monsieur Bonacieux
2:52
8. Le bal des ferrets
5:44
9. Mousqueton & Porthos
2:56
10. Violence & perfidie
3:12
11. Révérences & intrigues
2:37
12. Mort de Constance
2:26
13. Jugement et exécution de Milady
5:04
14. Adieux
2:34
15. "Un pour tous, tous pour un !"
0:21